Quant à la propagation de la foi et de la civilisation, ce n'est que par la parole qu'on peut y travailler, selon cette expression de l'apôtre: "fides ex auditu, auditus autem per verbum", la foi vient de ce qu'on a entendu, et l'on entend par la parole.[1]
C'est pour atteindre ce but que le gouvernement français s'est occupé depuis quelques années, d'une manière toute particulière, de l'École spéciale des langues orientales vivantes, et que doux nouvelles chaires y été fondées.[2]
C'est aussi dans ce but que nous publions aujourd'hui, à la suite d'un dictionnaire récemment publié, une grammaire de la langue malaise, de cette langue que l'on a quelquefois appelée, avec justesse, la langue franque de l'extrême Orient; car elle est effectivement le grand véhicule de la pensée et l'instrument du commerce, non seulement dans l'archipel Indien et dans une partie de l'Océanie, mais encore sur tout le littoral de l'Inde, de la Cochinchine, de la Chine et du Japon.